Vendredi 17 juillet 2009
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. Oxygénothérapie et ventilation à domicile Des technologies en plein essor pour les insuffisants respiratoires
L'insuffisance respiratoire chronique est définie par l'impossibilité pour le système respiratoire d'assurer des échanges gazeux normaux aux repos, attestée par la présence d'une hypoxémie, avec ou
sans hypercapnie.
Dans les formes graves, l'oxygénothérapie et la ventilation assistée améliorent la qualité de vie et diminuent la mortalité.
Des progrès technologiques récents facilitent la prise en charge à domicile des patients par un réseau de prestataires performants, travaillant en liaison avec le corps médical.
Les explications du Pr Jean-François Muir.
LE PRESCRIPTEUR d'un appareillage à domicile travaille en binôme avec un prestataire dont le rôle est essentiel dans la prise en charge et le suivi.
Il installe le matériel prescrit à domicile, accompagne le patient dès la mise en route du traitement en lui donnant des conseils d'utilisation et d'entretien, les règles d'hygiène et de sécurité
et les réponses aux questions qu'il se pose.
Il effectue des visites de suivi régulières à domicile, informe le médecin du bon déroulement du traitement, doit être à l'écoute du patient 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en cas de
problème technique et gère le dossier administratif.
Des appareils d'oxygénothérapie de plus en plus miniaturisés.
L'oxygène (O2) peut être délivré à partir de trois sources différentes : les concentrateurs d'O2 (extracteurs), l'oxygène liquide et l'O2 en obus gazeux.
Les extracteurs, fonctionnant sur le courant électrique, représentent le mode de distribution d'oxygène le plus économique.
Leur principe est de prélever l'air ambiant et de restituer au patient un gaz dont la concentration en oxygène est proche de 100.
Depuis deux à trois ans, des concentrateurs portatifs sont commercialisés ; ils facilitent la déambulation.
L'oxygénothérapie liquide – plutôt réservée aux malades souhaitant déambuler et/ou ayant besoin de gros débits d'oxygène (5 l/min) – fait appel à un réservoir rempli toutes les semaines ou tous les
15 jours par le prestataire.
Ce système permet également de remplir des réservoirs portables qui ont une autonomie de plusieurs heures. L'oxygène gazeux traditionnel est surtout utilisé en secours.
Toutefois, depuis peu, un nouvel appareil, composé d'un extracteur d'oxygène et d'un compresseur permettant de remplir de petites bouteilles d'oxygène gazeux, offre aux patients la possibilité de «
fabriquer » leur oxygène à domicile.
Parmi les pathologies nécessitant une oxygénothérapie à domicile, les broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) dominent de très loin, à côté des fibroses pulmonaires, de la
mucoviscidose, des dilatations de bronches (DDB), des séquelles de tuberculose et de certains asthmes graves à dyspnée continue.
Enfin, avec le vieillissement de la population, apparaissent des insuffisances respiratoires chroniques multifactorielles chez des malades polypathologiques qui bénéficient également de
l'oxygénothérapie.
D'importants progrès technologiques en ventilation artificielle. Les respirateurs actuels sont destinés à assurer une ventilation non invasive (VNI) par masque nasal ou naso-buccal le plus
souvent.
De petite taille, ils peuvent être utilisés seuls ou avec une supplémentation en oxygène également fournie par l'entremise de concentrateurs d'oxygène ou de réservoirs d'oxygène liquide.
Il existe deux types de respirateurs. Les respirateurs volumétriques utilisent un soufflet et délivrent à chaque insufflation un volume d'air prédéfini.
Les respirateurs barométriques fonctionnent avec une turbine et sont conçus pour délivrer une pression (aide inspiratoire) prédéfinie, à chaque insufflation qui déterminera, in fine, un
volume délivré au patient.
Les grandes indications actuelles de la VNI sont représentées par le syndrome obésité-hypoventilation (anciennement appelé syndrome de Pickwick), les maladies neuro-musculaires (myopathie de
Duchenne de Boulogne, sclérose latérale amyotrophique), ainsi que chez les malades atteints de cypho-scoliose, de séquelles mutilantes de tuberculose et dans les insuffisances respiratoires
chroniques multifactorielles.
Elle peut également être associée à l'oxygénothérapie dans certaines formes graves de BPCO avec hypercapnie instable, dans les DDB, dans les séquelles de tuberculose et aussi dans les
insuffisances respiratoires chroniques multifactorielles. ›
Dr LAURIE DANJOU D'après un entretien avec le Pr Jean-François Muir, Chef de service de pneumologie et USIR du CHU de Rouen, président de l'ANTADIR (Association Nationale pour les Traitements A
Domicile, les Innovations et la Recherche). Le Quotidien du Médecin du : 24/06/2009