Le miglustat efficace in vitro dans la mucoviscidose
À Poitiers, l’équipe de Frédéric Becq vient de montrer que le miglustat permet de restaurer in vitro la fonctionnalité de la protéine CFTR altérée au cours de la mucoviscidose.
ARRIVER À SOIGNER la mucoviscidose et pas seulement les symptômes, voilà à quoi travaille l’équipe de Frédéric Becq de l’Institut de physiologie et biologie cellulaires de Poitiers (CNRS). Leur labeur vient d’être récompensé avec le miglustat.
Les chercheurs viennent en effet de montrer que la molécule permettait de restaurer in vitro l’activité cellulaire déficiente au cours de la maladie.
« Dans nos recherches, nous travaillons à partir d’un portefeuille de différents composés potentiellement actifs. Ayant déjà publié sur le miglustat, nous avons poursuivi nos efforts sur la molécule », explique Frédéric Becq pour « le Quotidien ». « Tout l’intérêt, c’est qu’en parallèle, la molécule, déjà indiquée dans la maladie de Gaucher et d’autres maladies de surcharge, est testée par une autre équipe dans un essai de phase 2. C’est avec impatience que nous attendons leurs résultats prévus sous peu. Il est fondamental de savoir si nos résultats sont transposables à la clinique », indique le chercheur.
L’équipe a ainsi montré qu’un traitement quotidien des cellules pulmonaires humaines homozygotes pour la mutation delta F508 permettait d’obtenir un phénotype non malade.
La correction a été obtenue au bout de 3-4 jours avant de se stabiliser et s’est maintenue pendant les deux mois de l’expérience.
Si le traitement est arrêté, de nouveau les cellules fonctionnent anormalement. « Le miglustat déroute la voie de dégradation de la protéine CFTR et restaure ainsi son activité », explique le physiologiste.
« Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il n’est pas question de guérir la cellule malade, mais de lui redonner des propriétés fonctionnelles proches de la normale. Pour mesurer la fonction de la protéine CFTR, nous avons étudié les transports ioniques à travers les membranes cellulaires. Ce sont des flux infimes de l’ordre d’une dizaine de picoampères mesurables à l’aide de techniques d’électro-biochimie », présente le chercheur poitevin avec simplicité. « Les concentrations utilisées de 3 micromolaires sont comparables à celles que les patients pourraient avoir dans le sang en clinique. »
› Dr IRÈNE DROGOU
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